Santé et assurance emprunteur
Assurance de prêt et VIH : droits, grille AERAS et démarches
Une personne vivant avec le VIH peut accéder à une assurance de prêt. Les progrès thérapeutiques et les évolutions de la convention AERAS ont amélioré les conditions d’acceptation. Depuis 2022, l’infection par le VIH figure dans la première partie de la grille de référence AERAS : les personnes qui remplissent les critères médicaux prévus peuvent bénéficier d’une assurance sans surprime ni exclusion liées au VIH.
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Le VIH doit-il toujours être déclaré ?
Non. L’assureur ne peut recueillir aucune information médicale si la part assurée des encours immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le remboursement se termine avant son 60e anniversaire. Lorsque ces deux conditions sont réunies, aucun questionnaire ni examen de santé ne peut être demandé.
Si le prêt ne remplit pas ces critères, le questionnaire doit être complété avec exactitude. Les informations médicales sont transmises au service médical et bénéficient de la confidentialité prévue.
Que prévoit la grille de référence AERAS pour le VIH ?
La grille de référence contient des critères cliniques et biologiques relatifs notamment au traitement, à la réponse thérapeutique, à la charge virale, au statut immunitaire et à certaines co-infections ou comorbidités. Lorsqu’ils sont tous remplis, l’accès peut se faire sans surprime ni exclusion de garantie liée au VIH dans les limites du dispositif.
La grille évolue. Il faut consulter sa version en vigueur au jour de la demande plutôt que reproduire un seuil trouvé dans un ancien article. Un dossier qui ne correspond pas à la première partie peut encore être étudié selon les autres mécanismes AERAS ou la politique de l’assureur.
Quels documents médicaux peuvent être demandés ?
- un compte rendu récent de l’infectiologue ;
- la date du diagnostic et la date de début du traitement ;
- l’historique récent de la charge virale ;
- les données immunitaires pertinentes, dont les CD4 lorsque demandés ;
- la stabilité et la tolérance du traitement ;
- les co-infections, complications ou hospitalisations visées par le questionnaire ;
- les arrêts de travail et autres affections associées lorsque la question est posée.
Un document synthétique du spécialiste facilite la lecture chronologique. Il n’est pas nécessaire d’adresser des informations non demandées, mais les réponses apportées doivent être complètes.
Quelles garanties peuvent être proposées ?
L’étude peut aboutir à une couverture standard conforme à la grille, ou, si ses critères ne sont pas remplis, à une proposition avec surprime, exclusion ou limitation. Les garanties décès, PTIA, invalidité et incapacité peuvent recevoir des réponses distinctes.
Une exclusion d’ITT ou d’invalidité mérite une lecture précise. Vérifiez si elle vise le VIH uniquement, ses complications ou un périmètre plus large, et si elle reste compatible avec les exigences de la banque.
Comment fonctionne le parcours AERAS ?
Si le dossier ne peut être assuré aux conditions standard, il peut être examiné jusqu’à trois niveaux pour les prêts éligibles. Pour les prêts immobiliers et professionnels, l’échéance doit notamment intervenir avant le 71e anniversaire et la part assurée de l’encours cumulé ne doit pas dépasser 420 000 €.
Notre page sur l’assurance emprunteur et le risque aggravé de santé détaille ce parcours et les recours.
Comment faire jouer la concurrence ?
Les pratiques diffèrent encore lorsque le dossier ne correspond pas exactement à la grille. La loi Lagarde permet de présenter une assurance externe lors de la souscription. Pour les crédits immobiliers concernés, la loi Lemoine autorise ensuite une substitution à tout moment, sous réserve d’équivalence.
- Obtenir la fiche personnalisée de la banque.
- Préparer un dossier médical récent.
- Comparer plusieurs décisions sur les mêmes garanties et quotités.
- Examiner séparément coût, surprime et exclusions.
- Sécuriser l’accord du prêteur avant de résilier un contrat existant.
Que faire en cas de refus ?
Demandez le niveau AERAS auquel l’étude s’est arrêtée et la procédure permettant d’obtenir les motifs médicaux. Un autre assureur peut rendre une décision différente. La banque peut aussi examiner une caution, un nantissement ou une hypothèque si aucune couverture suffisante n’est disponible.
Ces garanties alternatives protègent surtout le prêteur. Elles ne remplacent pas nécessairement la protection familiale d’une assurance de prêt immobilier.
